Que la mort nous frôle

Michel Bussi
4/5

Âge de lecture : à partir de 16 ans


L’accroche

Un roman noir qui prend son temps… mais dont la fin m’a complètement bouleversée. Michel Bussi a ce talent incroyable de nous manipuler jusqu’au bout. Et une nouvelle fois, il m’a eue.


De quoi ça parle

Nous sommes dans l’immédiat après-guerre, au sein des Amarantes, un orphelinat qui accueille des adolescents profondément marqués par la vie.

On y suit principalement quatre jeunes aux blessures aussi lourdes que leurs secrets, ainsi qu’une nouvelle psychologue venue les accompagner. Lorsqu’une mort suspecte survient, les certitudes vacillent et chacun semble cacher une partie de la vérité.


Mon avis sincère

J’ai énormément apprécié le travail réalisé sur les personnages. Ils sont tous profondément humains, cabossés par leur passé, et Michel Bussi prend le temps d’explorer leurs traumatismes, leurs peurs et leurs failles. On comprend progressivement ce qui les a construits et pourquoi ils réagissent ainsi.

Le récit alterne plusieurs points de vue, racontés à la troisième personne, ce qui permet d’avoir une vision très complète de cette galerie de personnages. L’ambiance est sombre, presque mélancolique, et l’auteur construit un véritable roman noir, où les blessures psychologiques comptent autant que l’enquête elle-même.

En revanche, j’ai parfois trouvé le rythme un peu lent. Je pense que le format audio a accentué cette impression : le récit prend vraiment son temps pour installer les personnages et l’intrigue, ce qui m’a empêchée d’être totalement captivée durant une bonne partie du roman. Si tu recherches un thriller nerveux ou un page-turner haletant, ce n’est probablement pas celui qu’il faut choisir.

Et puis arrive cette fin… Une fin à la Michel Bussi. Une de celles qui rebat complètement les cartes et qui oblige à repenser tout ce que l’on vient de lire. Elle m’a énormément rappelé Nymphéas Noirs, avec cette capacité qu’a l’auteur à nous promener pendant des centaines de pages avant de révéler une vérité que l’on n’avait absolument pas envisagée.

J’ai trouvé ce final aussi surprenant qu’émouvant. J’ai même versé ma petite larme, tant l’émotion est forte dans les derniers chapitres. C’est précisément le genre de conclusion qui fait oublier les quelques longueurs du début.


Pour qui ?

À lire si tu aimes les romans noirs psychologiques, les personnages complexes et profondément humains, les intrigues qui prennent leur temps, et surtout les fins qui changent totalement ta perception du récit.

Passe ton chemin si tu recherches un thriller très rythmé, si tu aimes que l’action démarre immédiatement, si les récits contemplatifs te font décrocher, ou s’il te faut une tension constante du début à la fin.


Verdict

Que la mort nous frôle est un roman noir profondément humain, porté par des personnages remarquablement construits et une intrigue qui prend le temps de s’installer. Certes, le rythme est plus lent que ce que j’apprécie habituellement, mais la puissance émotionnelle du final récompense largement cette patience.

Michel Bussi possède décidément un talent rare : celui de nous faire croire que l’on maîtrise l’histoire… jusqu’au moment où il renverse absolument tout.

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