Je ne suis pas d'ici

Nathalie Lecigne
4.5/5

Âge de lecture : à partir de 16 ans


L’accroche

Il y a des livres qu’on lit. Et puis il y a ceux qu’on traverse. Je ne suis pas d’ici fait clairement partie de la deuxième catégorie. Un roman d’une noirceur terrible… mais impossible à lâcher.


De quoi ça parle

D’un côté, il y a Marie. Huit ans. Une petite fille qui vit dans une ferme isolée sous l’autorité d’un homme violent qu’elle redoute plus que tout. Entre les coups, la peur et les humiliations, elle rêve d’une seule chose : fuir. Mais lorsqu’elle tente de s’échapper, elle découvre un enfant enfermé dans la cave de la maison. Une découverte qui va tout changer.

De l’autre côté, il y a François. Deux ans après la disparition de sa fille Pauline, il tente tant bien que mal de survivre à l’absence et au chagrin. Lorsqu’un élément jusque-là dissimulé par sa propre famille refait surface, il reprend l’enquête avec l’espoir fou de découvrir enfin la vérité.

Deux récits. Deux destins. Et une question qui nous obsède tout au long du roman : quel est le lien entre eux ?


Mon avis sincère

Petit conseil : l’enchaîner juste après Sa vie dans les yeux d’une poupée n’était peut-être pas l’idée du siècle… Parce que ce roman est lui aussi d’une noirceur terrible.

Dès les premières pages, Nathalie Lecigne nous plonge dans une atmosphère pesante et profondément dérangeante. On comprend immédiatement que ce récit ne nous épargnera rien. Le roman alterne entre les points de vue de Marie et de François, deux personnages brisés à leur manière, et cette construction fonctionne à merveille. Plus les chapitres avancent, plus la tension monte et plus on cherche à comprendre ce qui relie ces deux histoires. C’est extrêmement addictif.

La plume est fluide, efficace, sans longueur inutile. Chaque chapitre apporte une nouvelle pièce au puzzle et rend l’arrêt de la lecture presque impossible.

Mais ce qui m’a surtout marquée, ce sont les émotions. On ressent tout. La peur de Marie. Le désespoir de François. La colère. L’impuissance. L’espoir aussi, parfois. En tant que maman, certaines scènes m’ont particulièrement touchée. Ce genre de roman réveille des peurs très profondes et pousse forcément à se demander : « Et si c’était mon enfant ? »

C’est difficile. Par moments même très difficile. Mais c’est exactement ce que je recherche dans mes lectures : ressentir quelque chose, vibrer avec les personnages, être incapable de rester indifférente. Et sur ce point, c’est une réussite totale.

Le roman aborde des thèmes particulièrement sombres : la disparition d’enfants, le kidnapping, l’emprise, la soumission, la transmission de la violence et du mal. Et ce qui rend l’ensemble encore plus glaçant, c’est son réalisme. Rien ne paraît exagéré. Tout semble possible, tout semble crédible. Et c’est précisément ce qui fait peur.


Pour qui ?

À lire si tu aimes les thrillers psychologiques sombres et réalistes, si tu apprécies les récits à plusieurs voix, si tu cherches une lecture impossible à lâcher et que tu veux ressentir de vraies émotions.

⚠️ Pas pour toi si tu recherches une lecture légère ou réconfortante, si les histoires de disparition d’enfants sont trop difficiles pour toi, ou si tu préfères les thrillers axés sur l’action plutôt que sur l’émotion.


Verdict

Je ne suis pas d’ici est un roman dur, cruel et profondément bouleversant. Une lecture qui fait mal, parfois même très mal, mais qui démontre toute la puissance de la fiction lorsqu’elle nous oblige à regarder en face certaines réalités.

J’ai adoré cette lecture. Pas parce qu’elle est agréable, mais parce qu’elle est forte, crédible, et qu’elle m’a fait ressentir exactement ce que j’attends d’un thriller : l’angoisse, l’émotion, l’impuissance et l’espoir.

Deux lectures de Nathalie Lecigne (avec Le sacrifice des papillons). Deux pépites.

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