Celle qui sait

Riley Sager
3.5/5

Âge de lecture : à partir de 16 ans


L’accroche

Une lecture qui avait tout pour me plaire… mais avec laquelle ça n’a malheureusement pas fonctionné. J’aime les huis clos, les vieux manoirs remplis de secrets, les récits qui alternent passé et présent… Sur le papier, ce roman cochait toutes les cases.


De quoi ça parle

En 1929, toute la famille Hope est massacrée dans son immense demeure. Une seule personne est accusée : Lenora Hope, alors âgée de 17 ans. Pourtant, elle n’a jamais été condamnée.

Des décennies plus tard, Kit, une aide-soignante, est engagée pour s’occuper de Lenora, désormais âgée de 72 ans, paralysée et incapable de parler. Mais un soir, Lenora lui tend une machine à écrire et commence à taper une phrase qui va tout bouleverser : « Je veux vous raconter ce qui s’est réellement passé. »

Commence alors un récit où passé et présent s’entremêlent, jusqu’à révéler les secrets du manoir.


Mon avis sincère

J’ai beaucoup apprécié la construction du roman. On alterne entre le présent, raconté par Kit à la première personne, et le récit que Lenora tape sur sa machine à écrire. Ce procédé du « livre dans le livre » fonctionne toujours très bien sur moi et donne envie de découvrir la vérité.

L’ambiance du vieux manoir isolé est réussie. Le huis clos est pesant, mystérieux, et les lieux se prêtent parfaitement à ce type d’histoire. L’idée de départ est vraiment excellente et promet un thriller gothique plein de secrets.

Malheureusement, dès les premières pages, j’ai eu beaucoup de mal avec la crédibilité de certaines situations. Le comportement de Kit m’a notamment laissée perplexe : j’ai eu du mal à croire qu’elle soit terrorisée par une femme de 72 ans, lourdement handicapée, simplement parce qu’elle est soupçonnée d’avoir commis un massacre cinquante ans plus tôt.

Ensuite, comme avec Vengeance Express, j’ai retrouvé ce qui me gêne dans la plume de Riley Sager : un rythme très lent. Pendant une bonne partie du roman, il se passe finalement assez peu de choses. Les descriptions sont nombreuses, les répétitions aussi, et chaque chapitre revient régulièrement sur les mêmes éléments. J’ai trouvé que cela alourdissait énormément la lecture.

À plusieurs reprises, j’ai eu l’impression que le récit n’avançait pas vraiment. Je cherchais cette montée de tension qui me tient habituellement éveillée jusque tard dans la nuit… mais elle n’est jamais vraiment arrivée.

Vers la moitié du livre, j’avais déjà deviné une partie du twist. Si l’autre partie des révélations m’a davantage surprise, j’ai trouvé que la fin en faisait finalement un peu trop : les derniers chapitres multiplient les révélations au point que certaines m’ont paru franchement peu crédibles.


Pour qui ?

À lire si tu aimes les huis clos dans de vieux manoirs, les thrillers gothiques et atmosphériques, les récits qui alternent passé et présent, et les mystères familiaux qui prennent leur temps.

Passe ton chemin si tu aimes les thrillers très rythmés, si tu cherches un véritable page-turner, si les répétitions et les longues descriptions t’agacent, ou si les invraisemblances te font sortir du récit. Dans ce cas, file plutôt vers mes thrillers courts et addictifs.


Verdict

Celle qui sait possède une excellente idée de départ, une ambiance de manoir gothique réussie et une construction originale qui alterne habilement les temporalités. En revanche, son rythme très lent, ses nombreuses répétitions et plusieurs choix scénaristiques peu crédibles m’ont empêchée d’être totalement embarquée.

Je comprends parfaitement pourquoi ce roman plaît autant. De mon côté, j’attendais davantage de tension, de rythme et de surprises. Une lecture qui n’était tout simplement pas faite pour moi — même si je comprends totalement qu’elle trouve son public.

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