Romance Coup de cœur

Nous qui avons connu Solange

Marie Vareille
5/5

Âge de lecture : à partir de 16 ans


L’accroche

Ce livre ne se lit pas. Il se ressent. Et quand je l’ai refermé, j’avais cette impression étrange d’avoir vécu plusieurs vies aux côtés de ces femmes.


De quoi ça parle

Dans Nous qui avons connu Solange, Marie Vareille entremêle deux destins de femmes à travers plusieurs décennies.

Célestine grandit dans une famille rurale entre les années 1930 et 1960. Très tôt, elle comprend qu’elle ne veut pas de cette vie toute tracée dans les champs et rêve d’un autre avenir grâce aux études. En parallèle, Solange écrit des lettres depuis une école de préservation où sont enfermées de jeunes filles considérées comme “déviantes”.

Deux femmes. Deux voix. Deux destins liés par un secret que l’on découvre peu à peu. À travers plusieurs générations, Marie Vareille retrace l’évolution de la condition féminine, les silences familiaux, les blessures invisibles et la transmission.


Mon avis sincère

C’est un roman extrêmement intimiste, construit autour de lettres et de récits de vie. Célestine écrit à “sa biquette” — sans que l’on sache immédiatement qui se cache derrière ce surnom — et nous raconte son histoire depuis l’enfance. En parallèle, Solange écrit elle aussi ses lettres à Jeannette. Et très vite, on comprend qu’un lien puissant unit ces deux femmes.

J’ai été totalement happée par ces deux histoires. Ce n’est pas un roman où il se passe mille rebondissements, et pourtant je n’arrivais pas à décrocher. Parce que tout repose sur les émotions, sur les non-dits, sur les personnages et surtout… sur cette plume incroyable.

La voix de chaque femme est bouleversante de justesse. On ressent la rudesse de ces années-là, la place des femmes dans les années 50, les sacrifices, les rêves étouffés, la folie qui peut surgir sans que personne ne cherche réellement à comprendre. C’est une histoire de famille en apparence banale… mais profondément humaine.

J’ai adoré la manière dont Marie Vareille distille ses révélations. Elle entretient un suspense très intime, presque silencieux, qui fait qu’on tourne les pages avec ce besoin constant de comprendre ce qui a brisé ces femmes.

Et cette plume… vraiment. Délicate, accessible, chaleureuse, profondément sensible. Elle atteint ici une maturité incroyable. Chaque phrase semble juste. Chaque émotion résonne. C’est typiquement le genre de roman qui vous accompagne encore longtemps après la dernière page.


Pour qui ?

Ce roman est pour toi si tu aimes les constructions en lettres et récits croisés, les histoires portées par des voix féminines fortes, les portraits de femmes à travers les générations, et les plumes délicates qui savent faire résonner les émotions sans jamais tomber dans le pathos.

En revanche, si tu cherches une intrigue très rythmée, un thriller ou beaucoup d’action, ou si les romans épistolaires ne t’attirent pas, ce n’est peut-être pas ta prochaine lecture.


Verdict

Nous qui avons connu Solange est un roman puissant, bouleversant et profondément humain. Une histoire de femmes, de mémoire, de transmission et de résilience portée par une plume d’une immense justesse.

On referme ce livre avec le cœur serré, admiratif face au courage de celles qui nous ont précédées… et avec cette sensation rare d’avoir vécu quelque chose de profondément vrai.

Partager cette chronique