Déferlante

Céline Denjean
4/5

Âge de lecture : à partir de 18 ans (trigger warning : scènes très dérangeantes dès le début)


L’accroche

Une famille en deuil. Une haine impossible à cacher. Et une disparition qui va tout faire exploser.


De quoi ça parle

Dans Déferlante de Céline Denjean, tout commence dans le Finistère Nord, lors d’un enterrement. Alessandro est mort, et autour de son cercueil, deux clans s’affrontent dans un silence chargé de tension : les Chavez et les Delaroche.

Très vite, les soupçons se concentrent sur Cloé, la belle-fille, ancienne enfant star devenue actrice reconnue. Sa belle-mère est convaincue de sa culpabilité. Mais avant même que la vérité n’éclate, Cloé est enlevée à la sortie du cimetière.

À partir de là, tout bascule. Manipulations, menaces, chantage… les deux familles sont entraînées dans une spirale de violence dont personne ne semble pouvoir sortir indemne.


Mon avis sincère

Je découvre ici la plume de Céline Denjean, et dès les premières pages, le ton est donné. Il y a d’ailleurs un vrai trigger warning : certaines scènes sont très dérangeantes dès le début, et le roman s’adresse clairement à un public averti.

Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la construction du récit. L’histoire nous est racontée à travers une narratrice qui s’adresse à un curé, dans une sorte de rituel entre eux. Elle lui promet trois meurtres et déroule une intrigue digne d’un casse-tête. Entre deux passages, on revient à leurs échanges, et les questions du curé sont souvent exactement celles que je me posais. Ce jeu de dialogue apporte une vraie dynamique et rend la lecture encore plus immersive.

Céline Denjean nous mène par le bout du nez du début à la fin. Elle distille les informations au bon moment, répond à nos interrogations quand on commence à douter, et joue avec le lecteur dans un véritable jeu de dupes.

J’ai aussi beaucoup apprécié les différents points de vue. Revoir une même scène sous un autre angle est toujours quelque chose que j’aime dans un polar, et ici, c’est particulièrement bien exploité. La plume de l’autrice est également un vrai point fort : elle est travaillée, fluide, et apporte une vraie profondeur au récit.

Cela dit, ce n’est pas un roman facile. Il y a beaucoup de personnages, plusieurs temporalités, des retours en arrière, et cela demande de la concentration. Je conseille clairement de le lire sans en entamer un autre en parallèle, pour ne pas se perdre.

Ce n’est pas non plus un page-turner haletant du début à la fin. Le rythme est plus posé, plus construit. Mais dans le genre du polar classique, c’est une intrigue solide et très bien maîtrisée. Si tu aimes les polars sombres et exigeants, va aussi voir mon classement Karine Giebel du plus soft au plus dark — Denjean joue dans la même cour.


Pour qui ?

Ce roman s’adresse aux lecteurs qui aiment les polars construits, les intrigues complexes et les récits où chaque détail compte. Il plaira particulièrement à ceux qui apprécient les histoires à plusieurs voix et les jeux de narration originaux.

Si tu cherches un thriller très rythmé, avec de l’action en continu, tu pourrais être déçu. De même, si tu n’aimes pas les récits complexes avec beaucoup de personnages ou les structures narratives qui demandent de la concentration, ce roman risque de ne pas te convenir.


Verdict

Déferlante est un polar classique, bien ficelé, porté par une construction originale et une plume maîtrisée. J’ai pris beaucoup de plaisir à me laisser embarquer dans cette intrigue.

Une lecture exigeante, mais captivante, qui joue avec le lecteur jusqu’à la dernière page.

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