Peut-on encore faire confiance aux influenceurs(euses) littéraires quand ils sont rémunéré(e)s ?

Peut-on encore faire confiance aux influenceurs(euses) littéraires quand ils sont rémunéré(e)s ?

BookTok, Bookstagram, les collaborations rémunérées font débat. Une recommandation payée perd-elle toute crédibilité ? Mon point de vue de créatrice littéraire.

Depuis plusieurs mois, le débat revient sans cesse sur BookTok, Bookstagram et les réseaux sociaux en général.

Peut-on encore faire confiance aux influenceurs(euses) littéraires lorsqu’ils sont rémunéré(e)s pour parler d’un livre ?

Pour certaines personnes, la réponse est simple : non. À partir du moment où il y a une collaboration commerciale, l’avis perd automatiquement toute crédibilité.

Personnellement, je ne partage pas cette vision. Et j’avais envie d’expliquer pourquoi.


Une recommandation rémunérée est-elle forcément moins sincère ?

C’est probablement la question qui divise le plus aujourd’hui.

Beaucoup pensent qu’un(e) créateur(rice) de contenu payé(e) pour parler d’un roman ne peut plus être totalement objectif(ve). Je comprends cette méfiance. Après tout, lorsqu’il y a un contrat et une rémunération, il est normal que le lecteur se demande si l’avis est totalement honnête.

Mais est-ce que cela signifie automatiquement que la recommandation est fausse ? Je ne le crois pas.


Un(e) créateur(rice) construit sa crédibilité sur le long terme

Quand on crée du contenu autour des livres, on ne construit pas une communauté en une semaine. Cela prend des mois, parfois des années.

À force de partager ses lectures, ses coups de cœur et ses déceptions, une relation de confiance s’installe naturellement avec les personnes qui nous suivent. Cette confiance devient notre plus grande richesse.

Et justement, c’est pour cette raison que je trouve difficile d’imaginer qu’un(e) créateur(rice) sérieux(se) accepte de la sacrifier pour une seule collaboration.

Parce qu’au final, qu’est-ce qui compte le plus ?

  • Une rémunération ponctuelle…
  • Ou une communauté qui vous suit parce qu’elle croit en votre sincérité ?

Pour moi, la réponse est évidente.


Oui, il existe de tout

Il serait malhonnête de dire que tous(tes) les créateurs(rices) fonctionnent de la même manière. Comme dans tous les métiers, il y a de tout.

Certain(e)s accepteront peut-être de mettre en avant un livre qu’ils n’ont pas réellement apprécié. D’autres feront le choix inverse.

Je connais des créateurs(rices) qui ont déjà refusé des collaborations ou renoncé à plusieurs milliers d’euros simplement parce qu’ils n’avaient pas aimé un roman.

Pourquoi ? Parce qu’ils savaient qu’une recommandation qui ne leur ressemble pas finirait par abîmer la relation construite avec leur communauté.

C’est un choix qui ne se voit pas toujours. On voit les collaborations qui sont publiées. On ne voit jamais celles qui ont été refusées.


La confiance ne se gagne pas… elle se perd

Il y a une phrase que je répète souvent :

La confiance, ça ne se gagne pas. Ça se perd.

On peut mettre des années à construire une crédibilité. Il suffit parfois d’une seule recommandation jugée malhonnête pour que le doute s’installe.

C’est précisément pour cette raison que je pense que les créateurs(rices) ont tout intérêt à rester cohérent(e)s avec leurs valeurs. Parce qu’au-delà d’une campagne, ils/elles jouent leur réputation.


Une recommandation n’est jamais une garantie

Il y a aussi un point que l’on oublie très souvent : la lecture est profondément subjective.

Le même roman peut être un immense coup de cœur pour une personne… et une énorme déception pour une autre.

Ce n’est pas parce qu’un(e) influenceur(euse) adore un livre que tu vas forcément l’aimer. Et ce n’est pas parce qu’il/elle est rémunéré(e) que tu vas forcément le détester.

Même avec un(e) créateur(rice) dont je partage les goûts depuis longtemps, il m’arrive de ne pas être d’accord. Et c’est totalement normal.

Les goûts évoluent. Les attentes changent. L’état d’esprit du moment joue aussi énormément. C’est ce qui fait toute la richesse de la lecture.


Faut-il arrêter de faire confiance aux influenceurs(euses) littéraires ?

Je ne le pense pas.

En revanche, je pense qu’il faut apprendre à les suivre intelligemment. Avec le temps, on finit par identifier les créateurs(rices) dont les goûts ressemblent aux nôtres. On apprend aussi à reconnaître ceux/celles avec lesquels(les) nos avis divergent régulièrement.

Finalement, ce n’est pas très différent d’une amie qui nous conseille un livre. On sait qu’elle peut parfois se tromper. Et pourtant, on continue à lui demander des recommandations.

Pourquoi ? Parce qu’on connaît ses goûts.


Une collaboration n’efface pas une année de recommandations

Si un(e) créateur(rice) t’a fait découvrir des dizaines de livres que tu as adorés, est-ce qu’une collaboration commerciale devrait suffire à remettre en question toute sa crédibilité ?

Je ne suis pas certaine.

À l’inverse, si plusieurs collaborations te donnent le sentiment que les recommandations ne sont plus sincères, chacun(e) est libre d’en tirer ses propres conclusions.

Faire confiance ne veut pas dire croire aveuglément. Cela signifie simplement observer la cohérence dans le temps.


Mon point de vue

Je préfère juger un(e) créateur(rice) sur l’ensemble de son parcours plutôt que sur le simple fait qu’une vidéo soit sponsorisée.

Pour moi, la transparence est essentielle. Dire lorsqu’un contenu est rémunéré est une obligation, mais aussi une marque de respect envers sa communauté. Ensuite, chacun(e) est libre de se faire son opinion.

Parce qu’au fond, personne ne détient la vérité en matière de lecture.

Un roman ne fera jamais l’unanimité. Et c’est précisément ce qui rend la littérature si passionnante. Deux personnes peuvent lire le même livre, au même moment, et en ressortir avec des émotions totalement opposées. Aucune des deux n’a tort. Elles ont simplement vécu une expérience différente.


Et toi, quel est ton avis ?

Penses-tu qu’une collaboration commerciale retire automatiquement toute crédibilité à un(e) influenceur(euse) littéraire ? Ou au contraire, estimes-tu que la confiance se construit, ou se perd, au fil du temps, qu’il y ait un partenariat ou non ?

Le débat est ouvert. Et je serais ravie de connaître ton point de vue.


Si tu veux voir concrètement comment j’assume mes choix éditoriaux, tu peux explorer mes coups de cœur, mes déceptions ou encore ma sélection de thrillers courts à dévorer en un week-end. J’y assume tout — les enthousiasmes comme les réserves.